(re)créer le doute sans lequel il y a ni choix, ni liberté
L’exposition les nouveaux mythes à invité treize artistes (français et italiens) – onze artistes confirmés et deux étudiantes des Beaux-Arts – qui ont produit pour l’occasion des œuvres originales par le biais de diverses médias : peinture, installations, vidéo, théâtre, photographie, musique.
Nous vivons dans une époque de grandes tensions et contradictions, où les personnes vivent avec un sentiment justifié d’errements et d’incertitudes. Nous assistons en même temps à l’émergence de forces positives qui poussent au changement un peu partout dans le monde et sont sources de réflexion pour les artistes.
Une exposition sur « Les Nouveaux Mythes » parce que les gens n’ont plus le temps pour réfléchir, et s’appuient sur les idées générales ou individuelles les plus répandues.
L’exposition se propose de « parler » au public en essayant de mettre à nu le danger de l’absolutisme des « idées mythiques », qui sont souvent inadaptées à notre époque de grands changements, et qui deviennent facilement dangereuses et parfois dictatoriales. Mettre en lumière ces idées ne signifie pas les détruire, mais les confronter, les critiquer pour (re)créer le doute sans lequel il y a ni choix, ni liberté.
L’art créé l’illusion et la réalité en même temps, il nous permet donc d’établir un rapport direct et immédiat avec la réalité. À travers cette exposition, les artistes proposent une tension dialectique qui contraint à penser, et à repenser notre société : d’un côté ils alimentent nos doûtes, et de l’autre il nous invitent à regarder la réalité en face.
À travers cette exposition, les artistes proposent une tension dialectique qui contraint à penser, et à repenser notre société : d’un côté ils alimentent nos doutes, et de l’autre il nous invitent à regarder la réalité en face.
Aujourd’hui nous ne savons plus ce qui est beau, vrai, bon, juste, mais nous savons parfaitement ce qui est utile. L’utilité et le profit sont les bases sur lesquelles nous référençons la valeur aussi bien des choses que des personnes. L’argent s’est substitué à l’homme en devenant l’unique générateur symbolique de toutes les valeurs. Mais le système actuel est très déséquilibré. Le moment est peut-être venu, pour les artistes, d’inviter le public à interpréter certaines contradictions de fond de la société dans laquelle nous vivons en rendant le spectateur capable de s’abandonner à la réflexion.
Dans les nouveaux mythes chaque artiste s’exprimera en son propre nom et invitera le public à s’arrêter attentivement sur différents thèmes de société. Il dénoncera l’absurdité de la norme et des dogmes qui encore est toujours sous-tendent le monde. Il nous invitera parfois avec ironie, parfois froidement, à nous indigner, à critiquer, à dénoncer notre société mais aussi à nous attendre, à rire et à aimer. Chercher à comprendre notre monde complexe et chaotique est le premier pas vers le changement.
L’artiste qui voit les choses et les transmet, laissant les autres s’approcher de sa propre expérience, réalise un geste altruiste, peut-être impudique, mais sûrement généreux.
Il parle du contexte, de l’air du temps, du temps commun. Il faut penser à l’artiste qui se salit les mains, qui s’enfonce dans le tragique de la vie, dans le bien et dans le mal. Il est important qu’il puisse utiliser l’ironie, la satire, la dérision, renverser la logique, les lieux communs et proposer une nouvelle manière de regarder la réalité, il doit pouvoir être irrévérencieux, rire des complexes, des angoisses, des idées, les siennes et celles des autres. Son travail devient ainsi un témoignage de l’histoire et de la vie.
Il est important que l’artiste puisse utiliser l’ironie, la satire, la dérision, renverser la logique, les lieux communs et proposer une nouvelle manière de regarder la réalité. Il doit pouvoir être irrévérencieux, rire des complexes, des angoisses, des idées, les siennes et celles des autres.
Les thèmes traités dans l’exposition mettront en lumière aussi bien les événements clés de notre période contemporaine, que des tendances affectives, des pensées dominantes, des réflexions sur la vie, sur le quotidien : des luttes idéologiques aux erreurs de jugement, de la nouvelle alimentation au gaspillage d’énergie, du multimédia au changement relationnel, du travail à l’idée du bonheur.
On posera et on se posera des questions telles que : Qu’est-ce que l’homme ? Qu’est-ce que la vie ? Quelles sont les valeurs positives, négatives ?
L’exposition « Les Nouveaux Mythes » se veut une œuvre collective où la liberté de penser devient un facteur de cohésion entre des individus de culture et d’origine diverses, et rejette toutes formes d’abus, de manipulation et d’intolérance.
Rossella GENOVESE
Grenoble, le 19 octobre 2015
