Mythifier signifie attribuer une valeur, le mythe est une idée en tant que tel elle peut prendre possession de tout. De cette manière aussi bien les événements, les personnes que les objets peuvent se transformer en mites et prendre part au langage d’une société et de son imaginaire. Limite peuvent s’insinuer et corrompre toute forme de pensée et devenir ainsi déterminant pour la formation de la morale, de l’éthique, de la politique, de l’esthétique, de la justice, de l’art… etc.
Les mythes sont la matière fondant les relations humaines de toute société, dans un contexte géographique donné, et un moment historique donné, et ils peuvent avoir une vie plus ou moins brève.
Tous les mythes sont sujets à de nouvelles et variables réinterprétations. Mais quand l’on vit immergé dans un contexte mythique donné, il est très difficile d’en prendre ses distances autant que de pouvoir le juger ou le critiquer. D’autant plus que le concept de mythe a tendance à se sacraliser, rendant ainsi impossible pour certaines personnes leur remise en question.
L’exposition « Les Nouveaux Mythes » nés avec l’intention de proposer un exercice de réinterprétation de certains des mythes contemporains les plus communs, et parmi eux de nombreux considérés comme « intouchables ». À travers le travail de chaque artiste certaines idées mythiques occidentales seront décontextualisées pour en mesurer la complexité, l’influence et peut-être en produire des variations.
Chaque travail proposé dans « Les Nouveaux Mythes » représente un seul aspect du mythe abordé, donc certainement limitatif et réducteur. Mais cette limite devient dérisoire. En effet, c’est la présence de chaque thème choisi dans le contexte plus général de l’ensemble des thématiques qui répond à l’idée globale du projet.
Rossela Genovese,
Commissaire de l’exposition « Les Nouveaux Mythes »
